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Yves Pires a dû batailler contre vents et marées, et surtout contre l’avis de tous pour affirmer son droit à la création, et pour l’exercer. Réalisation de son rêve le plus cher, de cette passion qui lui tient à coeur depuis les bancs de l’école. Aujourd’hui, il ne peut que se féliciter de son entêtement, de cette volonté et de cette énergie qui l’ont conduit, au terme de bien des étapes, à la sculpture. La femme étant par essence le symbole même de la création, l’oeuvre d’Yves Pirès lui est entièrement dédiée. Ravi par ses rondeurs, ses creux, ses pleins, il tourne inlassablement autour de sa silhouette, de son visage, de son corps, de ses jambes fuselées. La femme est pour lui la perfection sur terre, et quelle que soit la posture dans laquelle il la représente, il lui donne sans faiblir élégance, douceur, sensualité, volupté. Amoureusement galbée par ses mains expertes, modelée, polie, arrondie, Yves Pires lui donne des proportions proches de la perfection. Il sait d’instinct traduire la beauté intérieure et extérieure de ses modèles, en saisir la jeunesse, la sveltesse et la vitalité. Souples comme des lianes, capables de se ployer, de s’enrouler, de s’abandonner comme de s’offrir, elles se plient à la moindre de ses exigences avec une grâce innée, gardant le sourire en toutes circonstances. Bien que classiques, ces sculptures ne donnent jamais cette impression de déjà vu si souvent constatée, elles ont au contraire une inappréciable touche de fraîcheur. Un peu comme un amoureux pour qui ce serait chaque fois la première fois, Yves Pirès modèle la terre avec une infi nie tendresse, lui insuffl ant le meilleur de lui même, par petites touches sensibles, en douceur, avec une précision d’orfèvre. Soucieux de perfection, il glisse en chacune de ses sculptures un souffl e particulier, une palpitation née de sa propre émotion, qui lui donne la vie, la respiration. Le grain de ses bronzes est parfaitement lisse, tendre, et pourtant à aucun moment on ne ressent une impression de rigidité, d’immobilisme statique. Il suffi rait d’un rien, un simple coup de baguette magique pour que chacune se mette en mouvement, déplie sa silhouette, étire ses bras, batte des cils, secoue sa chevelure bouclée. Preuve qu’il n’est pas obligatoire d’être fi gée lorsqu’on est statue.
La relation entre ce sculpteur et sa création est une longue histoire d’amour, jamais terminée, toujours renouvelée, dont la poursuite l’entraîne dans un univers où de temps en temps apparaît un homme ou un enfant, son propre fils, mais où la femme tient une place privilégiée.
Yves Pires had to struggle against all odds, and especially against everybody’s opinion to assert his right to creation and to practise it. He has fulfi lled his fondest dream and the passion he has had since he was a child, and he can be proud today of his perseverance, this will and energy which have led him, after many detours, to sculpture. Women being by essence the very symbol of creation, Yves Pirès’s works are entirely dedicated to them. Delighted by their lines, rounds and curves, he indefatigably turns around their fi gure, their face, their body and slender legs. Women are for him the embodiment of perfection on earth, and under whatever pose he represents them, he lavishes on them elegance, softness, sensuality and voluptuousness. Lovingly shaped by his expert hands, modelled, polished and rounded, Yves Pirès gives them proportions that are close to perfection. He instinctively knows how to convey the inner and outer beauty of his models and to seize their youth, slenderness and vitality. With liana-like suppleness, they are able to bend, coil up, offer themselves and lend themselves to all the constraints with an innate grace, keeping their smile in all circumstances. Classic as they may be, these sculptures never give a déjà vu expression which is so often felt; on the contrary, they have an enjoyable touch of freshness. A little like a lover for whom it is always the fi rst time, Yves Pirès models the clay with an infi nite tenderness, breathing the best of himself into it, with soft, delicate little touches and a goldsmith-like accuracy. Eager to reach perfection, he conveys onto each of his sculptures a distinctive personality arising from his own emotion which gives it life and breath. The grain of his bronzes is perfectly smooth and tender, and yet never do we feel that they are still and stiff. They wouldn’t need much, the mere stroke of a wand, to get in motion, unfold their fi gures, stretch their arms, bat their eyelids and shake their curly hair, which proves that a statue is not necessarily fi xed. The relationship between the sculptor and his creation is a long, never-ending, ever-renewed love story taking him into a universe where from time to time, a man or a child—his own son—appear, but where women have pride of place.
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